Pensées d'une américaine

Une espace pour ceux qui parlent français. Une raison pour moi de continuer mes rédactions en français. Mais vraiment ceci sert à quoi? Pour que les français puissent me taquiner. :-)

Sunday, August 27, 2006

Une situation compliquée

Bon, comme d’habitude on est dimanche donc je mets un article en français. Cette semaine s’est bien passée, même si c’est vrai que ce job me fatigue vachement. Ce weekend je n’ai pas fait grande chose, sauf un diner au restaurant hier soir avec ma famille pour fêter leur anniversaire de mariage. Voyez le blog en anglais pour une histoire marrante.

Au niveau de travail, ça devient très compliqué. Moi et Sarah avons appris cette semaine qu’il y a beaucoup de gens qui trichent régulièrement pour augmenter leurs chiffres. Il y a même des moyens qui s’emploient parmi des régions qui ne sont pas vraiment légaux, en effet l’administration les encouragent en mettant de la pression pour que tout le monde atteindre les chiffres de ceux qui trichent. Du coup ça pénalise ceux qui font bien leur travail, parce que forcement on ne peut pas atteindre ces chiffres sans tricher.

Je tiens bien par rapport aux autres au niveau du stress parce que moi, je ne vais pas sacrifier mes standards pour réussir dans un monde qui ne m’intéresse pas. Par contre, mes collègues qui cherchent à être embauchées dès que tout sera terminé stressent vachement parce qu’ils ne vont qu’embaucher ceux qui auront « réussi » même s’ils n’étaient pas tout à fait honnête. C’est pour ça que presque tout le monde a trouvé des moyens pour augmenter le nombre d’appels que l’on fait tous les jours.

Cette semaine était spéciale parce que Sarah, ma nouvelle patronne et aussi ma collègue (elle est dans le bureau tout le temps avec moi maintenant, je ne suis plus seule) a commencé son travail pour notre campagne pour la première fois. Elle est tombée la avec moi parce que elle travaillait pour la campagne de sénateur, et quand ils ont décidé de fusionner les deux campagnes (de gouverneur et de sénateur), ils l’ont mis avec nous (le parti républicain de l’état) pour que l’on puisse travailler tous ensembles. Donc ce n’était pas son choix. Du coup, elle stresse tout les jours parce qu’elle compte sur ce poste pour assurer un poste après. Nous avons parmi les chiffres les plus bas de notre région, même si à mon avis on réussit vraiment bien malgré le fait que l’on est tous les deux « nouvelles ». Elle est grondée tous les jours par son boss, et puis ça tombe sur moi.

Elle est tout les jours super découragée, et même si j’essaie de lui montrer que tout est un jeu pour faire travailler plus en plus les gens, elle est toujours découragée parce qu’elle ne croit pas que nous puissions réussir. Je crois que ce n’est pas impossible, en fait je pense que c’est bien possible. Nous ne sommes pas nulles, c’est l’administration qui se trompe parce qu’ils regardent les mauvais chiffres.

Notre but central, c’est de faire des appels de sondages. L’administration ne regarde que la somme des appels qui sont faits, pas le somme de sondages. Donc ça se fait que les gens ont trouvés que s’ils font beaucoup d’appels les matins ou pendant des moments ou normalement les gens ne sont pas chez eux, ça augmente vachement les chiffres. Il y a très peu de sondages qui se font. Il y a même des gens qui laissent sonner le téléphone deux fois, et puis ils accrochent. Il y avait un centre cette semaine qui a fait 1800 appels dans un jour, pendant que nous, on a fait 400, et on avait le même nombre de sondages. Ca me montre qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

J'ai discuté de ça un peu avec mon père et un autre bénévole qui vient, et ils étaient vraiment fâchés que ce soit le cas. Ils donnent leur temps parce que pour eux c’est vraiment important que l’on élise les candidats républicains. Ils nous soutiennent et nous encouragent parce qu’eux, ils comprennent comment ça ne vaut rien de gaspiller l’argent du parti pour « gagner » une sorte de concurrence qui ne sert à rien. Donc moi, je ne stresse pas, au pire ils nous virent, mais ils ne vont pas faire ça. Ben, s’ils feraient ça, tant mieux, moi je préférerais être virée plutôt que de continuer comme ça !

Heureusement, on a eu quand même un peu de chance : il y a un candidat pour le sénat de l’état (bien autre chose que le sénat national, beaucoup moins important) qui va payer des gens à venir chez nous pour faire des appels, parce que ce candidat représenterait notre région. On va changer une question dans le sondage pour faire connaître ce candidat, et donc il nous aide en faisant beaucoup d’appels pendant qu’il puisse vraiment profiter de l’occasion de parler avec des gens dans sa région. Tout ça va sans problème, donc nous aurons désormais 2-4 personnes tous les jours qui vont passer des heures au téléphone. Donc on peut continuer à être honnête mais en augmentant les chiffres en même temps.

Donc tout va bien. Je survis, et Sarah et moi on s’entend super bien et on s’amuse ensemble. Je suis étonnée de voir comment juste il y a quelques semaines je stressais tous les jours et maintenant je l’encourage quand elle stresse. Je n’avais jamais pensé que ce job puisse être si compliqué. Si j’avais été au courant, je ne l’aurais jamais accepté. Par contre je suis contente d’avoir l’occasion de grandir énormément dans ma foi et mes expériences professionnelles, parce que je sais qu’il y a des gens pas honnêtes partout !!

Sunday, August 20, 2006

Le déjeuner français

Aujourd’hui j’ai déjeuné avec des français! Ce sont des amis à ma mère que nous connaissons depuis longtemps. En fait, c’est la famille pour laquelle j’ai fait du babysitting quand j’étais au lycée, qui m’a inspirée à poursuivre le français plus profondément. Les parents s’appellent Eric et Pascale, et ils ont deux enfants, une fille et un garçon qui sont des américains maintenant. Ca fait sept ans qu’ils sont à Detroit, donc maintenant les enfants parlent parfaitement l’anglais sans accent. Ils sont très contents ici, par contre ils sont en train de réfléchir si c’est le bon moment pour eux de rentrer, parce que la fille va bientôt commencer le lycée, et ca deviendrait compliquée si jamais elle décide de rentrer en France pour ses études plus tard.

Ca a fait plusieurs années que nous ne nous voyons pas, donc ca m’a fait vraiment plaisir de les revoir. J’ai pu discuter avec eux un peu en français, mais pas trop parce que nous étions avec ma famille qui forcement ne parle pas français. Les parents parlent toujours avec un accent français très fort en anglais, donc c’était marrant de parler avec eux. (J’aime beaucoup l’accent français, donc vous les français, il ne faut pas avoir honte de ça !)

La fille, qui a 14 ans, a dit un truc qui m’a fait rigoler. Elle parlait de sa maison ici, et elle a dit, « La seule chose qui ne va pas avec cette maison c’est qu’il vaut mieux qu’elle ait une autre chambre et une autre salle de bain, » alors que cette maison est assez grande. Ses parents et moi avons réagit en même temps, « C’est une vrai américaine maintenant ! » Eric donc a commencé à lui décrire les conditions normales pour les étudiants à Paris. Il lui a dit qu’un jour si elle fait des études là-bas, il faudrait mettre toute la maison dans l’équivalant de sa chambre : la cuisine, la salle de bain, le lit, tout. On a dit qu’elle aura un vrai choc quand elle rentre !

Pour le déjeuner j’ai cuisiné à la française des tartes aux poireaux, aux champignons, et aux tomates. On a fait aussi une belle salade avec de la sauce que j’ai faite avec notre moutarde célébrée de Dijon. Eric avait dit qu’elle était un peu trop forte parce que j’avais mis trop de moutarde, mais après l’avoir mangée avec la salade, il a dit que la sauce était en fait très bonne ! Voila mes tartes.


Il a fait super beau cet après-midi donc on a mangé sur terrasse chez moi. On s’est promené dans le coin et on a vu le cheval, les chats, les lapins, et la voiture de mes voisins. C’était vraiment sympa !




Demain je reprends mon travail. Si ça ne vous embête pas de lire mon blog en anglais, j’y ai décrit en détail des changements qui se sont passés au boulot. En gros, je n’ai plus le même boss, et ce sera désormais plus calme. J’aurai toujours les mêmes responsabilités, mais je n’ai plus les mêmes chiffres à atteindre, donc il y aura moins de pression. Je suis très contente!

Thursday, August 17, 2006

La semaine dernière

La semaine dernière a eu plusieurs défis mais en même temps plusieurs succès. On a eu l’élection primaire mardi, donc c’était une semaine un peu spécial. J’avais du mal à faire venir des bénévoles donc j’ai dû faire facilement une mille d’appels. Mardi après-midi, il m’est arrivé une chose qui m’a fait faillir tout abandonner. Il faut dire que lundi soir, après avoir fait plus que 300 appels et après avoir été seule pendant toute la journée, Ryan, mon boss, m’a fait faire encore une centaine d’appels, et j’ai quitté le bureau vers 21h30. (Bon, il y avait une dame qui est venue à la dernière minute et elle est restée un bon moment, normalement on devait partir vers 20h30, mais on était obligé de rester pour discuter avec elle). Apres ça, j’avais dit à une fille qui travaille uniquement pour un candidat de congres que je lui ferais un service en mettant des affiches devant quelques lieux qui hébergeaient les élections le lendemain. J’ai dû faire ça après le boulot, donc je suis rentrée vers 22h30.

Donc mardi il y avait un déjeuner pour collecter des fonds pour notre candidat au « country club » à cote, et en fait DeVos lui-même était là. La prix était $200 pour un déjeuner avec DeVos. La fille pour laquelle j’ai fait le service des affiches allait y être, donc elle a pu me faire entrer comme bénévole en aidant avec l’enregistrement. Je faisais ça pendant ma pause pour déjeuner, et elle m’avait dit que j’y allais déjeuner gratuitement. J’ai même vu DeVos, et il m’a dit bonjour. C’était plutôt cool.

Apres avoir terminé l’enregistrement des invitées, on attendait le repas. Deux serveuses sont venues avec des plats, et elles nous ont demandés si nous allions manger avec les invités ou en haut ou nous étions. Tout d’un coup, la dame qui tout gérait a dit aux serveuses et devant nous, « Ceux qui travaillent ne mangeront pas, sauf s’il y aura des restes et on les aura déjà payées. » Tout le monde était choqué, parce que normalement ils donnent à manger à leurs employées, mais cette fois-ci il y avait en plus 2 bénévoles, moi et une autre dame plus âgée. (Je ne suis pas employée de la campagne de DeVos, c’est autre chose, je suis plutôt employée du parti républicain de Michigan.) Je suis partie toute de suite, et comme j’avais une quinzaine de minutes pour manger, j’ai dû aller chez un resto de fast-food.

Apres, j’ai appris qu’en fait ils ont mangé juste après que je suis partie, mais ils ont dû attendre un moment. Moi, j’avais une décision à prendre, parce que je travaille beaucoup pour cette campagne, et s’ils traitent des gens qui travaillent pour eux comme ça, ben je n’ai plus très envie de les aider. Je sais que si DeVos savait que ça m’est arrivé, je suis sure qu’il serait furieux. Lui, il est vraiment sympa et il est super reconnaissant qu’il y ait des gens qui travaillent dur pour lui.

Je reviens à ma décision : Irais-je donc continuer comme ça? J’ai pu beaucoup discuter avec une collègue, et elle m’a aidée à voir qu’il y aura bientôt un fin de tout ça, et que ca vaut le coup de persévérer. Elle travaille en fait pour DeVos, et il lui arrive des choses qui sont beaucoup plus embêtantes que ce qu'il venait de m'arriver. Bon, cette expérience n’était pas la pire de ma vie, mais c’était l’idée qui était derrière : Peux-je bosser comme une folle et être traitée comme une esclave quand franchement je m’en foutais ?

Je dis « je m’en foutais » parce que la décision que j’ai prise, c’était que j’allais persévérer malgré tout, et que je n’allais pas juste faire mon boulot, mais j’allais le faire vraiment bien. Maintenant je crois fermement que notre état a besoin de DeVos pour améliorer ce qui se passe, et ça me donne une raison de travailler comme il se doit.

Pendant la fin de la semaine, j’ai bossé dur et longtemps mais avec une détermination de renouveler le lieu ou je travaille. La femme qui avait le poste avant moi n’était pas du tout bien pour ce travail, donc le centre a souffert. Par exemple, le bureau était moche et donnait l’impression que l’on était dans une prison (Ryan lui avait proposé de mettre des décorations, mais elle a refusé en disant que « c’est une entreprise ».) Donc moi, j’ai décoré les murs et j’ai ajouté des détails qui le rendent plus accueillant. On n’avait pas des événements sur l’agenda pendant la semaine (mon père m’a dit qu’elle était toujours seule quand il y allait), lorsque normalement il faudrait avoir beaucoup d’activités pour encourager les gens à venir. Donc j’ai refait l’agenda et j’ai fait des tracts pour donner aux gens quand ils entrent, et aussi j’ai envoyé plein de mails pour annoncer le nouveau programme. En gros, je me suis mise à « relooker » le centre !

Au bout de la semaine, j’étais à plat ! Ce weekend, j’étais au boulot et franchement je n’en pouvais plus : j’avais besoin de repos. Par contre, j’ai parlé avec Ryan au téléphone, et enfin il m’a dit : « tu réussis vraiment bien et je suis fier de toi, tu fais tout ce que tu peux faire, et c’est tout ce que je pourrais te demander. » Apres ça, j'étais contente, et maintenant je suis prête à faire tout ce qu’il faudrait d’éluer DeVos ! Enfin, on verra…:-)

Sunday, August 06, 2006

L’Extraterrestre

Bonjour!

Toutes mes excuses pour le retard dans la mise à jour de mon blog français! Tous les jours je travaille au moins onze heures, donc quand je rentre le soir je suis plutôt KO et je n’ai pas la force d’écrire en français. (Il faudra que vous vous mettiez à lire le blog anglais si vous voulez des nouvelles tous les jours !) Aujourd’hui, par contre, on est dimanche et je me suis bien reposée ce matin. Mon père est parti aujourd’hui pour passer une semaine au Texas pour son nouveau travail, et il reste encore quelques jours après sa formation pour voir des amis et ma grand-mère. On n’est pas allé au culte justement, donc j’ai pu faire la grasse matinée, et maintenant mes batteries sont bien rechargées !

Bon, après tout ce j’ai écrit dans mon dernier post, je voulais plutôt vous relater des nouvelles par rapport au retour aux Etats-Unis. Ca fait maintenant six semaines que je suis revenue et des fois je me sens un petit peu étrangère…

Quelques exemples : chez les jeunes américains de mon âge qui viennent de terminer leurs diplômes il existe un désir profond de réussir dans la vie toute de suite. Si ce n'était que cela, ça irait, mais ça se manifeste plus spécifiquement dans des désirs très matérialistes. Je sais que c’est une généralisation, mais je vois les gens autour de moi en train d’acheter plein des trucs, des voitures, des trucs informatiques, etc. (Il y a aussi beaucoup de concurrence entre mes collègues parce que dès que l’élection sera terminée, leurs postes n’existeront plus, et ceux qui auront réussi recevront des postes permanents. Ca c’est spécifique au milieu politique et donc ce n’est pas très courant).

Je reviens à mes moutons…Parfois c'est comme si je m’étais endormie pendant deux ans et que je me réveillais dans un monde je ne connais pas trop ! Par exemple, il y a un appareil qui s’appelle un Blackberry. C’est un téléphone portable qui reçoit des mails en continue. Ca rend quelqu’un « toujours disponible » parce qu’il reçoit ses mails, et l’on attend qu’il y réponde toute de suite. Mes collègues qui se déplacent beaucoup (pas moi !) l’ont tous, c'est compris avec leur boulot. Je n’en avais jamais vu avant! J’ai demandé, « C’est quoi, ça ? » et les drôles de têtes étaient inoubliables!

Il y a aussi le fait que je n’ai pas utilisé mes affaires d’ici depuis mon départ, donc elles datent du moment où je suis partie il y a deux ans. Mon boss avait remarqué mon portable à moi, qui est vraiment considéré comme un truc dépassé. Il a dit, « Faut que tu achètes un nouveau portable, celui-là est trop ancien. » Ca me troublait vachement, parce qu’il marche super bien et je n’ai pas besoin d’avoir un appareil photo dans mon portable ou d’autres trucs pas nécessaires ! J’ai besoin d’un portable qui me permets de passer des coups de fils, pas un qui fait plein de trucs inutiles. On n’a pas besoin de remplacer des trucs juste parce qu’ils sont un petit peu vieux !!

Il y a aussi un tas de films et de groupes de musique que je ne connais pas. Des fois on essaye de discuter de sujets d’actualité, et souvent j’apprends ce qui a été à la mode depuis que je suis partie. Bon ça va, ce n’est pas horrible, mais je n’avais jamais pensé que l’on puisse se sentir étranger dans son propre pays. Je prenais la voiture avec un collègue et je conduisais, et il a dit, « Est-ce que tu as conduit pendant que tu étais en France ? Je dis ça parce que tu conduis comme tu ne conduis pas depuis longtemps. » (Je conduisais timidement alors qu’ici les gens, ils roulent comme des foux).

L’autre soir on faisait une soirée au boulot dans un endroit juste à côté où on est (notre bâtiment appartient au même propriétaire que le « country club » à côté de nous). On mettait 5 minutes pour y aller à pied mais il faisait chaud, donc mes collègues prenaient la voiture quand il fallait quitter un lieu pour aller à l'autre! J’ai insisté pour y aller à pied, et ça les embêtait ! Je savais que j’avais l’air tout à fait comme une extraterrestre qui est tombée sur Terre.

Bon, je sais que tout ça n’aide pas trop l’image de l’américain gâté et paresseux, il y a en même temps des gens qui sont vraiment sympas et je suis plutôt à l’aise dans mon travail. Je ne raconte pas tout ça pour vous donner une mauvaise image des gens chez moi. C’est juste que moi, j’ai trouvé tout ça assez amusant.

Sinon ça va, en général ça fait du bien de travailler avec d’autre jeunes américains de mon âge, ça me permets de reprendre contacte avec les réalités d’aujourd’hui ici. On voulait aller boire un coup vendredi soir mais c’était trop tard, on avait déjà travaillé 13 heures ! Par contre j’ai fait la connaissance d’une fille qui habite dans mon village qui fait la même chose que moi dans une autre ville, donc je commence à connaître du monde dans le coin. En gros, je suis très contente dans ma situation et très reconnaissante d’avoir eu ce poste.